Jeudi 5 juin 2008
Internet.
Comme si nous devions passer par Gaza et la Normandie pour se rendre à destination. Nous ouvrons des fenêtres sans fin, perdons le fil, paumons le sujet, égrénons les mots dans des blank pages de transition. A la fin, plus rien ne vient. Nous ne savons plus pourquoi nous sommes là, tous là.
Je décide d'écrire avant de lire. Pour me souvenir de ce que je suis venue faire ici.
Comme si nous devions passer par Gaza et la Normandie pour se rendre à destination. Nous ouvrons des fenêtres sans fin, perdons le fil, paumons le sujet, égrénons les mots dans des blank pages de transition. A la fin, plus rien ne vient. Nous ne savons plus pourquoi nous sommes là, tous là.
Je décide d'écrire avant de lire. Pour me souvenir de ce que je suis venue faire ici.
Des rues, des Aqua boulevards, des avenues non avenues, des impasses. Et le petit du ruisseau, c'est le ru?
Comparaison de paysages français.
Mer, montagne, campagne, ville. Je cherche à savoir ce qu'ils savent. A peu près rien. Sur mes vingt-neuf élèves, seuls trois passent leurs vacances d'été en France. (en dehors de Paris). Les autres restent ici ou "retournent" quelque part : qui au Maroc, qui en Tunisie, à l'Ile Maurice, en Corée, au Japon, au Cap-Vert, aux Etats-Unis, en Algérie, au Sénégal, au Congo, en Guadeloupe... A peu de choses près, ils partent tous au soleil et finalement pour les mêmes destinations que mes élèves de Saint Germain des Prés l'année dernière. Sauf qu'eux, chaque été, ils y "retournent". Sauf qu'eux, là-bas, ils vivent comme chez eux. Ils partagent avec un bout de famille resté au pays une langue, des habitudes sociales, des habitudes culinaires, des jeux. Jamais ils ne vont à l'hôtel ou faire de la plongée sous-marine le long des barrières de corail. Riches et pauvres, ici ou au soleil, finalement, ne se rencontrent jamais.
Comparaison de paysages français.
Mer, montagne, campagne, ville. Je cherche à savoir ce qu'ils savent. A peu près rien. Sur mes vingt-neuf élèves, seuls trois passent leurs vacances d'été en France. (en dehors de Paris). Les autres restent ici ou "retournent" quelque part : qui au Maroc, qui en Tunisie, à l'Ile Maurice, en Corée, au Japon, au Cap-Vert, aux Etats-Unis, en Algérie, au Sénégal, au Congo, en Guadeloupe... A peu de choses près, ils partent tous au soleil et finalement pour les mêmes destinations que mes élèves de Saint Germain des Prés l'année dernière. Sauf qu'eux, chaque été, ils y "retournent". Sauf qu'eux, là-bas, ils vivent comme chez eux. Ils partagent avec un bout de famille resté au pays une langue, des habitudes sociales, des habitudes culinaires, des jeux. Jamais ils ne vont à l'hôtel ou faire de la plongée sous-marine le long des barrières de corail. Riches et pauvres, ici ou au soleil, finalement, ne se rencontrent jamais.
Gérard Fromanger, Corps à corps bleu, 2003-2006, Beaubourg.Ce matin, attente devant le Grand Palais (merveilleuse exposition sur la Figuration narrative). Pour s'occuper, les garçons se pincent la nuque et se donnent des coups de pieds, les filles quant à elles lisent le grand panneau d'information sur le musée. Il est précisé à peu près à hauteur de visage d'enfant que les billets pour l'exposition peuvent être achetés à : Auchan, Carrefour, FNAC, Casino, Virgin, Intermarché, Centre Leclerc, U commerces... (Liste incomplète sans doute).
Les filles lisent et relisent exclusivement et d'une même voix la dizaine de marques d'hypermarchés. Elles en chantent les slogans, elles s'amusent, elles s'orchestrent pour finir d'une seule voix en hurlant : "U, les nouveaux commerçants..."
- Euh... Les filles, ça ne me plaît pas trop cette chanson, je ne veux pas de publicité dans la classe.
- Mais c'est écrit là, maîtresse !
- Oui, d'accord, mais ce sont des marques, ce sont des magasins... Pourquoi vous ne chanteriez pas plutôt une chanson que vous avez appris en musique ?
Ca tombait bien, nous allions voir une exposition, entre autres, axée sur la contestation de la publicité.
Hervé Télémaque, Banania n°3, 1964, Collection particulière, toile présentée actuellement au Grand PalaisJe ne peux plus dire "Mmmh" en classe sans entendre "Charal".
Je ne peux plus passer les mois de septembre à janvier sans entendre les gamins chantonner : "ta ta ta/ tat ta ta, Co-fi-dis".
PS : C. a eu la meilleure note de conjugaison. Il devait faire signer son évaluation. Aujourd'hui, en récupérant son cahier, je lui demande : alors, maman était contente ?
Lui : oui...
Puis : Pour me récompenser elle m'a acheté un jeu PS3.
Cool !
Chute de l'histoire.
.gif)
.gif)