Quand on a plusieurs choses très différentes à raconter, faut-il écrire un seul article ou plusieurs ? Comment ferais-je s'il s'agissait
de mon journal intime ?
"Je ferais une dissertation. Et toi, tu ferais le voleur..."
1) Intermusicalité
Passé plusieurs heures à écouter un album des Throwing Muses, le groupe américain "le plus british" (ah, ces formules à la
Télérama) du tournant des années 80-90, The Real Ramona, paru en 1991. J'y retrouve le son particulièrement daté des Smiths (bien spécifique des productions de ce temps-là), les
dysharmonies rebelles des Breeders, la fougue d'une Patti Smith, et ce petit plus "hystérique" d'Elastica. - Pourquoi je dis ça, moi ? J'aime
beaucoup. Et cela me fait du bien d'écouter un disque, le cerveau vierge de toute critique ou promotion. J'ai l'impression que ça vient de sortir et, pour moi, c'est une musique sans résonnance
particulière, sans histoire. Au bout de quelques écoutes, voilà que je repère un morceau, le numéro 4, intitulé "Graffiti". Je m'accroche à la mélodie de basse. Ca me fait penser à de la variété
française époque "Pierre Richard" ou "Viens chez moi, j'habite chez une copine", Bachelet, Souchon, Kosma... Ecoutez plutôt.
The Throwing Muses, Graffiti
Chouette, non ?
Elle rentre, je le lui fais "voir". Entendre entendre. On cherche. Elle trouve Police. Je propose Souchon. On se rapproche.
C'est le genre d'activités que j'aime, avec Explorasound comme outil. Voilà un jeu que nous n'aurions pu faire il y a quelques années.
Police, Every breath you take
Alain Souchon, La balade de Jim
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Alain Souchon - La ballade de Jim
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Evidemment, ne me le demandez pas, je vous réponds, oui, je vais acheter le dernier Portishead, comme tout le monde. (Mais,
contrairement, à d'autres, je ne suis pas allée voir les Chtis ou même Camping ou même Disco ou Les Bronzés... Donc, culture unique, oui, je n'y échappe pas, mais plutôt la clique
Inrocks-Bernard Lenoir-Arte que Le Nouvel Obs-Canal Plus-MK2.)
2)
Littérature
Je voulais adresser un très léger coup de boule zidanesque à celles et ceux qui qualifient et, du même coup, trient les oeuvres
littéraires en deux catégories : glauque / pas glauque. C'est très laid de faire ça. C'est nul. Cela n'a aucun sens. Je ne comprends pas. Bouh....
Bon, ok, j'avoue, des fois, le glauquissime influence de trop près la qualité ; je pense par exemple au Tombeau pour 500 000 soldats de Guyotat. Chiantissime ET glauquissime. Mais quelle peinture de l'horreur de la guerre d'Algérie ! Inégalée ! Quelle affreuse
vérité sur la vie de trouffion ! Inouïe ! Enfin, quelqu'un pour nous faire ressentir ce que c'est que d'être soldat aux pleins pouvoirs ! Ce que c'est que de voir des cadavres gonflés d'eau et
visités par les vers (cf. la Biomüll grouillant de würme dans la cuisine de Tübingen), l'estomac servant de cachette aux rats, ce que c'est que de voir des hommes tyranniques
enculer des chiens... En fait, hum... c'est à lire à toutes petites doses à la fois. Disons que LF. Céline, à côté, c'est le magazine Nous Deux. Mais je ne me permettrais jamais de jeter
ce livre sous prétexte exclusif de sa glauquitude !
A part cela, je suis bien soulagée d'avoir terminé La Véranda, de Satta. Pfiou. En fait,
ce n'était pas si mal. L'ennui de lecture rejoignait l'ennui du narrateur et ça finissait par devenir essentiel de le ressentir ainsi. D'ailleurs, dans les dernières pages du livre, le héros sort
enfin du sanatorium et on le voit arpenter les premières rues de la ville, écouter les bruits de klaxon, respirer la puanteur urbaine, regarder les femmes se dandiner (de "vraies anguilles" !),
manger au retaurant, et nous sommes dans le même état : tout nous paraît irréel (après plusieurs mois passés en montagne au sanatorium) et tout à coup, vraiment, on a envie de l'accompagner, de
continuer avec lui, de renaître avec lui. Mais c'est terminé. Voici la Quatrième de couverture. Et c'est presque dommage. J'aurais bien continué avec La
Montagne magique, mais je l'ai déjà lu et, de toute façon...
Je crois que Lucien Leuwen m'attend...
J'ai lu pour la première fois la revue de littérature étrangère Transfuge. J'ai bien aimé. Il y a même un article
sur Morrissey. Par contre, je trouve regrettable que le magazine Philosophie (attention, je n'ai pas écrit "Psychologie") trouve plus vendeur d'afficher des nus en couverture même, et
surtout, quand ça n'a rien à voir avec le contenu. Ou alors, on peut présupposer qu'au contraire, tout ce qui est philosophique a rapport au sexe, ce qui n'est peut-être pas faux. Voyez, par
exemple, cette facilité avec laquelle on peut faire des blagues sur les bites à propos de tout et n'importe quoi. Je pourrais, moi-même, apposer le mot "bite" (et le mot "chatte", ne soyons pas
sectaires) parmi les tags de mon blog... Serais-je mensongère pour autant ? En tout cas, j'aurais plus d'audience.
3) Technologie
J'ai changé de portable gratuitement. (Par contre le panier de la ménagère a encore augmenté !) Je me sens à la fois dégoutée et fascinée
: il fait tout. Et encore, je n'ai pas encore chargé le logiciel qui va me permettre de transférer les vidéos et photos du téléphone sur l'ordinateur.
L'autre jour, dans le RER qui me ramenait d'un château fort de banlieue, j'étais captivée par un très jeune couple et leur bébé d'environ
8 mois qu'ils faisaient jouer sur la banquette, un bébé très souriant, des parents calmes, pas riches, mais derrière lesquels on sentait la présence des beaux parents. Le papa prenait bébé contre
lui, bébé voulait attraper ses lunettes, maman prenait des photos avec un appareil numérique...
J'ai repensé à cet article que j'avais lu dans le Monde sur la durée de vie des supports numériques... Dix à quinze ans d'après
l'article. On n'a jamais fait autant de photos de bébés qu'aujourd'hui. Mais ce bébé-là ne pourra pas montrer grand chose de son enfance à ses enfants et encore moins à ses petits-enfants.
Enregistrées sur le disque dur, imprimées parfois (mais avec quel matériel), gravées ensuite sur CD quand il faudra changer d'ordinateur, réenregistrées sur le nouvel appareil, réimprimées
peut-être, ces images perdront peu à peu de leur qualité, on le sait.
Ma mémoire pré-scolaire, je la dois uniquement aux photographies qui l'ont nourrie. Vues depuis le plus jeune âge, revues au fil du
temps, elles m'ont permis de fixer des événements. Je plains ces nouvelles générations qui n'auront que des restes de pixels à regarder lorsqu'ils seront adultes.
4) Temps
Je suis obsédée par le temps qui me reste.
Combien de temps puis-je écrire sans m'arrêter ?
Allez, va dormir Gogol...
Je vais avoir du mal à répondre, d'un parce que ça fait un bon moment, de deux parce que je suis censée écrire un truc pas trop nul et pas trop long et que je me sens pas trop.
Bon, j'essaie.
Déjà c'est la fin de l'anné, ça a été et c'est encore pour un mois seulement assez fatiguant, voir creuvant. Stressant, angoissant aussi, mais je vais éviter de faire le champs lexical de ce que je pense du lycée, ça risque d'être long. En quelques mots donc; cette fin d'année je la digère as et en ce moment je me retrouve un peu seule avec pour unique soutient valable celui de mon cochon d'inde. C'est cruel les ados, je trouve. Et les adultes ça a trop de problèmes à régler entre eux, et ça ment beaucoup.
Pour le lien Myspace j'aimerai bien le rendre visible sans que j'ajoute tout le onde dans mes "amis" mais pour tout dire je galère un peu beaucoup et j'y arrive pas ..
Ca m'a fait plaisir de te relire, surtout que ce matin j'avais une épreuve de math qui m'a fait stresser au point d'avoir un torticoli, ça m'a réconforté =)
En espérant avoir de te nouvelles réguliérement;
Biz