INDISCIPLINE LITTERAIRE
La vie continue, même s'il ne fait que dix pauvres degrés dans la maison.. Je m'installe face au radiateur
électrique, les bouclettes dans le vent, et je fais des mots fléchés, et même des mots fléchés anagrammes. C'est une torture ces grilles, je
m'endors en quinze minutes. Passionnant. Je voudrais bien faire autre chose mais ma cheville droite me déconcentre : trop de coucous. Pas de couscous, mais de coucous... J'ai mal, en clair.
Il faudra que je me réconcilie avec cette maison. Un jour...
Mon chat Simon (Saymonne) a disparu de l'endroit où je l'avais laissé, à Chennai. Ayant réchappé au Tsunami, il a décidé d'aller voir
le monde, la vie pouvant se révéler si courte. C'est l'éveil de la "conscience de sa propre mortalité". Il est retourné, semble-t-il, au refuge où je l'avais trouvé il y a cinq ans. Le
vétérinaire l'a redonné à une famille et lorsque Madame A. est venu s'en enquérir, il n'a pas voulu lâcher le nom des heureux propriétaires de Simon. Accablée, prise d'un chagrin énorme, trouvant
impossible une vie sans lui, Madame A., au lieu de comettre l'acte fatal, s'en fut chez un ami à elle, protecteur des animaux, et ramena à la maison un nouvel animal pour lui tenir
compagnie. Un "oignon', me dit son fils... Comment ça un "oignon" ? (Passent dans mon esprit des extraits du Tambour de Grass où il parle
d'Allemands qui achètent des oignons pour s'aider à pleurer à la fin de la guerre. Je fais une sorte de pauvre lien par les larmes... Bof). Comment ça un "oignon" ? Je répète. J'entends un
"bêêêê" convainquant sortir de mon téléphone portable. Ahhhhhhhhhhh ! Un AGNEAU ! Et là j'imagine Madame A., son salon, sa dinette, sa sieste et... son agneau...
La vie continue encore plus loin. Puisque le père est trouvé. Ca fait vieillir moins vite. Et de cela, nous allons discuter avec "beaucoup de douceur", a dit la
maman de réconfort... Et de cela, nous sommes tous les trois ravis.